
Le public découvrira au musée du Berry du mois de mai au mois de septembre
l‘importance de Bourges il y a 2500 ans.
A découvrir :
- Une carte animée du territoire Bituriges (ARCHEA)
- Des collections provenant des riches nécropoles de Bourges et de ses
environs .
- Des collections évoquant l‘importance de la métropole il y a 2500 ans
- Des documents d‘archives de l‘exposition de 1949 « au temps de la Gaule
indépendante » organisée par J. Favière, conservateur des musées de Bourges
de 1949 à 1972.
Les collections rassemblées sont issues principalement de trois fonds :
- des musées de Bourges avec des pièces découvertes lors des fouilles locales
et régionales de la fin du 19e siècle au début des années 1960.
- du service d‘archéologie de Bourges
- service régional de l‘Archéologie avec des objets mis au jour plus récemment
Trois expositions sur l‘âge du Fer dans la boucle de la Loire présentent durant
tout l‘été à Bourges, à Saint-Amand Montrond, et à Chateaumeillant, les
découvertes archéologiques sur les Gaulois bituriges et leurs voisins
La boucle de la Loire enserrait trois cités, ces expositions sont donc l‘occasion
de présenter des objets provenant de ces dernières , rarement rassemblées et
comparées. L‘évolution des recherches n‘aurait pas été possible si les musées
de Bourges, Saint-Amand Montrond, et Châteaumeillant entre autres n‘avaient
pas, depuis cent cinquante ans, accumulé et conservé, les découvertes et leur
documentation.
Si ces expositions peuvent contribuer à faire connaître l‘importance de leurs
collections, si elles peuvent donner au public le goût de revisiter ces musées
modestes, alors elles auront atteint leurs buts.
La fin de l‘âge du Bronze (1000-750 avant J.-C.) se manifeste par la
production de riches objets de bronze ou de céramique, des armes, des
outils, des parures, des récipients décorés. L‘archéologue les découvre le
plus souvent sous la forme de dépôts, enfouis dans le sol ou immergés
dans des gués de rivières. Alors que les guerriers de l‘âge du Bronze se
distinguaient, comme les héros homériques, avant tout par leur armure,
ceux du début de l‘âge du Fer sont surtout identifiés par leur épée. Celle ci est tantôt en bronze, tantôt en fer, le nouveau métal ne s‘introduisant
que peu à peu dans une technologie du bronze très élaborée. Il est
surtout frappant de constater dans la boucle de la Loire la variété des
types. La région est au contact des deux grandes aires culturelles de
cette période, et sa richesse est semble-t-il suffisamment grande pour
attirer des objets venus parfois de très loin.
Les sépultures, des inhumations ou plus rarement des incinérations,
sont abritées par des tertres en pierre ou en terre, qui peuvent atteindre une trentaine de mètres de diamètre et une dizaine de mètres de hauteur. A partir de ces vestiges funéraires spectaculaires, on cherche à reconstituer la société correspondante. Le développement des riches sépultures à la place des dépôts suggère une personnalisation du pouvoir. Ce pouvoir s‘appuie tantôt sur des symboles militaires, comme les épées, tantôt sur une richesse plus ostentatoire et associée aux femmes, les bijoux.
Aux productions agricoles ou artisanales s‘ajoute un réseau d‘échanges actif qui inscrit la boucle de la Loire dans les relations à longue distance.
La documentation archéologique dont on dispose aujourd‘hui en Europe pour le dernier millénaire avant J.-C. suggère que la hiérarchie sociale est marquée par les échanges à longue distance d‘objets de prestige. En effet, l‘expansion économique a probablement été contrôlée depuis les années 1000 avant J.-C. par une classe sociale d‘aristocrates ou de chefs, ceux-là mêmes dont on connaît un peu partout les opulentes sépultures. Au cours de cette période, les richesses se sont multipliées, on a fabriqué de plus en plus d‘objets en métal, des armes, des bijoux et de la vaisselle de bronze. Les habitats se sont développés de manière considérable, ce qui peut être interprété comme la conséquence d‘un développement démographique.
Au Ve siècle avant J.-C., Bourges est l‘une de ces résidences princières, en plein coeur de la Gaule, mais loin à l‘occident de toute cette série de sites aristocratiques. A cette époque, elle devient une plaque tournante du commerce à moyenne et longue distance. De nombreuses sépultures aristocratiques ont été découvertes depuis le XIXe siècle à Bourges et dans ses environs.
Bourges se développe très rapidement dans les premières décennies du Ve siècle, notamment avec la montée en puissance des activités économiques (artisanat local et importations méditerranéennes). Bourges est probablement un cas à part parmi les résidences princières de l‘Age du Fer. Ses fonctions économiques et politiques au début du 2e Age du Fer semblent montrer qu‘on a affaire à une agglomération qui possède des caractéristiques urbaines, tout en se développant sur un modèle singulier, qui ne ressemble pas à ce que l‘on connaît à la même époque dans le monde méditerranéen. Il est aujourd‘hui probable que Bourges-Avaricum était un lieu de pouvoir depuis le VIe siècle avant J.-C. au moins, pouvoir politique très puissant, mais aussi probablement religieux. Malgré les nombreuses fouilles réalisées dans le Berry depuis plusieurs décennies, on connaît mal le territoire d‘Avaricum à cette époque.
On ne possède que peu de données sur le sort de Bourges après le Ve siècle. Le site n‘est probablement pas déserté, mais on ne sait pas aujourd‘hui si on doit attribuer cette lacune à une destruction des vestiges à cause de l‘urbanisation récente ou s‘il s‘agit d‘un effondrement réel de la résidence princière. Cette situation pourrait être liée à des changements politiques et économiques provoquant la disparition des résidences aristocratiques et de toutes les agglomérations, phénomène que l‘on observe, sans pouvoir encore l‘expliquer, partout en Europe au même moment.
Le catalogue des expositions : l‘âge du Fer dans la boucle de La Loire
sous la direction de Sophie Krausz, Université de Bordeaux
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90 pages, illustrations couleurs
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En vente à l‘accueil du musée du Berry au prix de 10 euros
Exposition " Nécropoles et
métropole : Bourges celtique"
du 2 mai au 30 septembre
2008
Musée du Berry